Lors de la tempête Alex survenue la nuit du 2 octobre 2020, le Parc national du Mercantour se mobilisait dans l'urgence et sans précédent. Le Parc publie aujourd'hui le bilan de sa mobilisation : 7,4 M€ investis, 177 chantiers, la totalité des sentiers du cœur de parc restaurée, et un nouveau cap vers l'adaptation au changement climatique.
Le Parc national du Mercantour dresse le bilan de la mobilisation exceptionnelle que la tempête a entrainé dans les vallées de la Tinée, de la Vésubie et de la Roya et pour l'ensemble de ses équipes, de l'urgence des secours à la reconstruction, jusqu'à la restauration complète des itinéraires du cœur de parc annoncée en 2026. Au-delà des chantiers, c'est une véritable transformation qui s'est opérée : le passage d'une logique de réparation à une logique de résilience et d'anticipation, désormais au cœur du futur Plan d'adaptation au changement climatique de l'établissement.
Dès les premières heures, un établissement au service des secours
Dès les premières heures, les équipes du Parc ont été mobilisées en Tinée, Vésubie et Roya, au plus près des communes et des services de secours. Cette présence territoriale a permis de mettre immédiatement à disposition des moyens qui se sont révélés déterminants dans un contexte d’isolement des vallées.
- Moyens matériels et logistiques : véhicules, tronçonneuses, outillage, locaux et logements du Parc mis à disposition des secours, de la gendarmerie, de la Préfecture, des bénévoles et des services sociaux.
- Communications : le réseau radio du Parc est resté opérationnel alors que les réseaux conventionnels étaient fortement défaillants ; il a été mis à disposition des opérations. Ce retour d’expérience reste valorisé : le PNM a présenté son système radio numérique lors de la journée départementale interservices « Gestion de crise - Télécommunications & transmissions » du 30 juin 2026.
- Expertise de terrain : une reconnaissance de l’état des sentiers a été organisée par le PNM une semaine après l’événement avec le PGHM 06 afin de cartographier les dégâts et prioriser les interventions.
- Mobilisation humaine exceptionnelle : l’estimation interne réalisée après la crise évaluait à près de 6 emplois la surcharge de travail induite, répartie entre direction, fonctions support, expertise, communication et services territoriaux.
Reconstruire vite, tout en préparant la durée
La reconstruction des sentiers en cœur de parc a constitué l’un des marqueurs les plus visibles de l’action du parc.
Le recensement réalisé après Alex avait identifié 162 km de sentiers et 31 passerelles impactés, dont la moitié totalement détruites. Les tronçons dangereux ont été fermés et des itinéraires alternatifs recherchés, avec une priorisation conjointe avec le Département selon la fréquentation, la continuité des itinéraires et les enjeux environnementaux. Cette action a reposé sur une ingénierie technique et financière inhabituelle : recherche de financements, marchés, maîtrise d’ouvrage et suivi des travaux.
En parallèle un outil WEB d’information en temps réel « Vigilance sentiers », devenu « Info sentiers », a été créé après la crise pour informer rapidement le public sur les fermetures, dangers et conditions d’accès ; il reste utilisé en 2026. À consulter ici
En septembre 2026, le bilan fait état d’un total de 7, 4 Millions d’€ investis depuis 2021 pour restaurer le réseau des sentiers en cœur de parc après Alex et Aline, dont 5,2 Millions € en maîtrise d’ouvrage du PNM et le reste sous maitrise d’ouvrage du Département des Alpes maritimes. Cela représente un effort colossal qui a mobilisé de nombreux financeurs (Etat, région sud, Département des Alpes-Maritimes, Europe, Gouvernement de Monaco, mécènes...). Pour mémoire cela représente pour le parc une multiplication par 10 de son activité sur les sentiers sur les 10 dernières années.
En 2026, la totalité des itinéraires impactés par les deux tempêtes est restaurée.
Accompagner la reconstruction du territoire sans renoncer aux exigences du cœur de parc
Le Parc n’a pas seulement reconstruit les sentiers. Il a accompagné les maîtres d’ouvrage et les acteurs locaux : instruction des autorisations de reconstruction, mobilisation du Conseil scientifique et des services de l’État, participation à la Mission de reconstruction des vallées (MIRV) mise en place par le préfet, soutien à la reprise touristique et renforcement des animations dans les vallées touchées.
Sur des secteurs complexes comme Mollières, le Parc a commandé dès mars 2021 une expertise hydrogéomorphologique afin de comprendre les nouvelles dynamiques du vallon et d’éclairer les choix de reconstruction. Les prescriptions ont recherché une reconstruction compatible avec le fonctionnement des cours d’eau, la continuité écologique et la conservation des réservoirs biologiques, plutôt qu’un retour systématique à l’état antérieur. Les suivis post-crue ont confirmé l’intérêt de cette approche : plusieurs têtes de bassin et affluents préservés ont joué un rôle de réservoir pour la recolonisation piscicole, tandis que les effets des travaux et la restauration des milieux rivulaires ont fait l’objet de suivis partenariaux.
Du retour d’expérience à l’adaptation au changement climatique
Six ans après Alex, le principal enseignement est le passage d’une logique de réparation à une logique de résilience et d’anticipation. L’événement a montré l’importance de réseaux de communication autonomes, de services territoriaux présents dans les vallées, de partenariats opérationnels déjà constitués, mais aussi la nécessité de concevoir des infrastructures capables
d’évoluer dans des milieux durablement instables.
- Le projet de Plan d’adaptation au changement climatique (PACC) qu’engage le PNM avec ses partenaires prolonge directement cette évolution : anticipation des phénomènes extrêmes, sobriété et réversibilité des aménagements, apprentissage collectif, partage des RETEX et gestion adaptative.
- Pour les infrastructures de randonnée, le PACC prévoit de privilégier l’adaptation et la reconfiguration de l’existant, de maintenir un réseau compatible avec les capacités d’entretien et les aléas, et de renforcer la coopération entre gestionnaires, État et communes.
- Le cœur du parc est affirmé comme espace de référence : réservoir de biodiversité, espace d’observation des changements, territoire d’expérimentation et contributeur à la résilience des territoires situés en aval.
En synthèse, Alex a mobilisé le Parc de manière exceptionnelle : appui aux secours et logistique, communications, reconstruction, expertise, police administrative, soutien économique, connaissance écologique et ingénierie financière. Cette expérience constitue aujourd’hui un socle concret pour mieux préparer, avec ses partenaires, les crises futures et intégrer l’adaptation climatique dans les choix de gestion et d’aménagement.
Repères chronologiques
| Période | Principaux repères |
| 2 octobre 2020 | Tempête Alex ; mobilisation immédiate des équipes, moyens, locaux et réseau radio du Parc national |
| octobre 2020 | Reconnaissance et cartographie des dégâts avec le PGHM 06 |
| Mars 2021 | Expertise hydrogéomorphologique lancée sur le vallon de Mollières |
| Juillet 2021 | Rétablissement des accès prioritaires : Merveilles, refuges, GTM |
| Fin 2021 | 22 tronçons rouverts (36 km), 8 passerelles reconstruites, 6 gués aménagés ; plus de 70 km traités avec le Département |
| 2022 | 42 chantiers, plus de 1,5 M€ de travaux |
| 2021-2023 | Poursuite des travaux, des autorisations de reconstruction, des suivis écologiques et de la recherche de financements |
| 2024-2026 | Capitalisation des enseignements et élaboration du plan d'adaptation au changement climatique |
| 2026 | Projet de plan d'adaptation au changement climatique : formalisation des principes de sobriété, réversibilité, anticipation, apprentissage collectif et résilience des infrastructures |
| 2026 | Totalité des itinéraires impactés par les tempêtes Alex et Aline restaurée ; 7 377 468 € de travaux cumulés |
Pour aller plus loin
Consultez le bilan complet ci-dessous :
