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Chamois des Alpes

Rupicapra rupicapra (Linnaeus, 1758)
Groupe INPN1 :
Chordés
Groupe INPN2 :
Mammifères
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rupicapra rupicapra
rupicapra rupicapra © R. Barou / PnM

Description

Le chamois est un proche cousin des antilopes, porteur de cornes noires et crochues. Emblématique des Alpes, le chamois est en fait partout chez lui dans la montagne, en forêt comme dans les rochers. Dérangé, le chamois émet par ses naseaux un chuintement aigu. Les hardes regroupent les femelles et les jeunes, en dehors de la période du rut où les mâles les rejoignent.

Identification

Pesant de 25 à 50 kg pour une hauteur d’environ 80 cm, le chamois se différencie de son cousin pyrénéen l’isard par une taille plus grande et un pelage plus sombre. Il est le symbole de l’animal montagnard, capable de courses et de dénivelés impressionnants.

Régime alimentaire

Herbivore, il se nourrit de plantes herbacées, essentiellement des graminées, de jeunes pousses et, l’hiver, de bourgeons, d’aiguilles de conifères, de feuilles sèches et de lichens. Les chamois s’abreuvent rarement. L’origine presque exclusive de l’eau ingérée semble donc être celle contenue dans les aliments ou présente à leur surface sous forme de rosée. Comme tous les ruminants, ils sont friands de sel qu’ils trouvent sous la forme de suintements à la surface de certaines roches. A l’occasion, ils profitent de celui disposé par les bergers pour leurs troupeaux.

Habitat

Le chamois vit surtout au-dessus de la limite des arbres, en zone d'éboulis et de pelouses, mais peut, le cas échéant, vivre toute l’année en forêt. En hiver, il descend en forêt ou sur les pentes où il y a moins de neige. Contrairement à ce que l’on croit souvent, ce n’est pas un animal exclusivement montagnard, il est même plutôt indifférent à l’altitude, pour exemple, les observations recensées en région PACA vont de 3 260 à 40 mètres !

Comportement

Il vit plutôt en groupes (hardes). La cellule sociale de base est constituée de la mère et de son cabri. Les mâles adultes sont solitaires. Ils arpentent la montagne au gré des saisons. En été, ils se rendent sur les hautes altitudes et l’hiver, sur les estives et les forêts à la recherche de nourriture ou comme zone de refuge lors de tempêtes. Lorsque le manteau neigeux est très important, le chamois peut préférer les versants abrupts et ventés sur lesquels la neige tient moins facilement, permettant l’accès à la nourriture.

Vidéo : harde de chamois

Piège photo : harde de chamois

Cycle de vie

Vers la mi-octobre, les chamois commencent à se regrouper à découvert. Les mâles qui, jusque-là, se tenaient à l’écart des femelles et des jeunes, les rejoignent en ordre plus ou moins dispersé. C’est le début du rut, qui va durer tout le mois de novembre et la plus grande partie de décembre. La gestation dure 23 semaines. La femelle donne naissance à un petit, exceptionnellement deux, entre la mi-mai et la mi-juin. La mortalité n’affecte pas de la même façon toutes les classes d’âge et de sexe. Les taux de survie sont de l’ordre de 50 à 70 % entre 0 et 1 an, puis sont très élevés (jusqu’à 90 %, voire plus) chez les femelles adultes, un peu moins chez les mâles. La rigueur des conditions climatiques hivernales, notamment la durée de l’enneigement, conditionne très largement l’importance de la mortalité, tout comme la prédation par l’aigle, qui s’attaque surtout aux jeunes plus vulnérables, et par le loup. Certaines années, tous les jeunes cabris peuvent ainsi disparaître, ces années noires sont compensées par les bons résultats des années peu enneigées.

De 2007 à 2009, le Mercantour a connu une importante épidémie de kératoconjonctivite qui a entrainé des pertes de 20-30 % dans certaines populations.

Préservation

Le chamois est en bon état de conservation dans les Alpes françaises et dans le Mercantour en particulier, où la densité est l’une des plus élevée d’Europe. La principale menace pour l’espèce serait l’inadéquation des plans de chasse avec la dynamique réelle des populations qui peut localement diminuer les populations et ralentir la recolonisation de l’espèce dans certains milieux qui lui sont favorables. Ainsi, chaque année, les comptages faits par différentes institutions, dont le Parc national du Mercantour, permettent de définir un nombre d’animaux que les chasseurs peuvent prélever sans mettre en danger les populations. En 2021, on dénombre 10 000 chamois environ dans le Parc (500 en 1979).

  • 500

    chamois en 1979

  • 10 000

    chamois en 2021

Comment l'observer ?

Facile à observer sur les versants du Mercantour, le chamois reste néanmoins un animal sauvage : il est plus farouche que le bouquetin, mais en zone coeur de Parc vous pourrez l’observer relativement près. Les plus belles observations se font au moment du rut, entre octobre et novembre, quand les mâles se coursent afin d’établir la hiérarchie sociale. L’hiver, on évitera de le déranger, l’animal vivant sur ses réserves. L’été, il faudra se lever tôt pour l’observer, les femelles avec leurs jeunes allant dès les premières chaleurs, se mettre à l’abri à l’ombre vers les hauteurs.

Pour en savoir plus

Consultez les compte-rendus des derniers comptages de population de chamois :