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Gypaète barbu

Gypaetus barbatus (Linnaeus, 1758)
Groupe INPN1 :
Chordés
Groupe INPN2 :
Oiseaux
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gypaetus barbatus
gypaetus barbatus © F. Panuello / PnM

Description

Le gypaète barbu fait partie des rapaces nécrophages. C'est le plus grand des vautours d'Europe avec une envergure pouvant atteindre 2,80 m. Ses ailes larges et pointues et surtout sa queue cunéiforme rendent facile son identification.
Les deux sexes sont semblables, mais la femelle est plus grande que le mâle (comme chez la majorité des rapaces).
Il tire son nom de « barbu » des petites plumes qui pendent de part et d'autre sous son bec et qui forment une sorte de « barbichette » noire. - PNE

Identification

Le gypaète se distingue avant tout par sa grande taille et son envergure d’environ 2,80 m, qui font de lui l’un des plus grands oiseaux d’Europe avec les vautours fauve et moine. Ses ailes plus fines, sa queue allongée et en coin permettent de le distinguer de ces deux vautours.

Le gypaète adulte a une tête et un poitrail blanc-orangé et des ailes contrastées de gris et de noir sur le dessous. De près, on peut observer sa barbiche formée de plumes noires encadrant son bec et son œil cerclé de rouge. Il pèse de 5 à 7 kg.

Avant d’avoir son plumage adulte parfait, en général à l’âge de 7 ans, le gypaète passe par un plumage de juvénile puis d’immature, sur lesquels les tons noirs et bruns dominent.

Habitat

En France, le gypaète barbu niche en haute montagne, dans les parois rocheuses, entre 700 et 3 000 m d’altitude. Sa répartition actuelle comprend les Alpes, la Corse et les Pyrénées. Le domaine vital d’un couple s’étend sur 50 à 250 km2, comprenant des sites de falaises et surtout de grandes zones de pâtures et d’éboulis où l’oiseau trouve sa nourriture. Son nid est généralement dans une cavité ou sur une vire.

Comportement

Ce vautour est présent en haute montagne toute l’année et défend son territoire des intrusions. Les couples sont très stables et on observe assez rarement des trios, avec généralement un mâle surnuméraire. Les oiseaux ont une connaissance parfaite de leur territoire qu’ils patrouillent quotidiennement à la recherche de nourriture en profitant des courants thermiques.

Comportement rare dans le monde animal, les adultes se colorent le poitrail en orange, plusieurs fois par an, par des bains dans des sources boueuses et ferrugineuses.

Régime alimentaire

Le gypaète barbu contribue à l’élimination des carcasses en montagne. Il assure ainsi une fonction d’équarrissage naturel bénéfique au fonctionnement de l’ensemble de l’agro-écosystème montagnard. Son régime alimentaire se compose essentiellement d’os, en particulier les pattes d’ongulés, qu’il ingère et digère entièrement grâce à des sucs gastriques très puissants. Pour les os plus larges, comme les omoplates, il pratique le cassage, en décollant avec, puis en les laissant tomber au sol sur un pierrier ; il recommence l’opération autant de fois que nécessaire pour arriver à ses fins.

Durant l’élevage, le jeune est d’abord nourri avec des parties molles, et les os vont rentrer progressivement dans son régime.

Cycle de vie

Le cycle annuel de reproduction du gypaète barbu débute en novembre et décembre avec les parades et la construction du nid. La femelle pond 1 ou 2 œufs, en général durant le mois de janvier, qui sera couvé 54 jours en moyenne. Après environ 120 jours d’élevage, un seul jeune s'envole entre fin juin et mi-août. Ce jeune est nourri par les parents pendant encore quelques semaines après son envol.

Puis, il commence une longue période d’errance juvénile, avant de se fixer sur un territoire lorsqu’il atteindra sa maturité sexuelle, en général à l’âge de 6 et 8 ans.

La productivité de l’espèce est très basse en raison de facteurs biologiques (maturité sexuelle tardive, 1 seul jeune par an), mais aussi de facteurs anthropiques (mortalité des adultes, dérangement sur les sites de reproduction).

Un phénomène partiellement compensé par une espérance de vie élevée, certains oiseaux chanceux pouvant vivre plus de 40 ans.

Préservation

Espèce protégée et classée « En danger » par l’UICN, le gypaète barbu est toujours dans un état de conservation précaire à l’échelle européenne et méditerranéenne.

Si une population naturelle s’est maintenue dans les Pyrénées, celle des Alpes avait totalement disparue au début du XXe siècle.

A partir de 1986, un grand programme international de réintroduction a permis son retour grâce à des lâchers d’oiseaux élevés en captivité. Le Parc national du Mercantour et le Parco naturale Alpi Marittime ont rejoint se projet en 1993 et ont ainsi relâché 45 jeunes gypaètes dans les Alpes du Sud.

La population alpine est aujourd’hui en cours de reconstitution avec, en 2024, 98 couples territoriaux tous pays confondus. Dans les Alpes du Sud (dép. 04 et 06), un noyau de 5 couples est réinstallé depuis peu.

Plusieurs programmes de conservation visent actuellement à rétablir les populations du pourtour méditerranéen (Andalousie, Corse, Causses, Balkans) et à assurer leur connexion notamment par des lâchers dans les pré-Alpes et les Causses (programme Life Gypconnect).

Dans le prolongement des réintroductions, un travail important est réalisé pour protéger les sites de reproduction des dérangements anthropiques (survols, activités sportives…) et pour diminuer les risques de mortalité des adultes par percussion ou intoxication.

Comment l'observer ?

On peut observer le « casseur-d’os » dans toutes les vallées du Parc national, mais plus sûrement dans la partie Nord (hautes vallées de la Tinée, de l'Ubaye et du Var) où cinq couples sont installés. Bien qu’il soit capable de voler par tous les temps, il utilise particulièrement les versants ensoleillés pour se déplacer sur son territoire. C’est surtout lors de vos activités en haute montagne que vous pourrez le croiser. Son comportement assez curieux vous donnera peut-être la chance d’être survolé de près... un moment inoubliable !

Le suivi par télémétrie

Lors des opérations de réintroduction réalisées, pour les Alpes du Sud, de 1993 à 2015, les jeunes oiseaux élevés en captivité sont emmenés sur leur site de lâcher avant de savoir voler.

Après quelques semaines au nid, ils sont équipés de balises GPS/GSM qui permettent de suivre leurs déplacements dès leur envol, et ceci pendant plusieurs mois (en moyenne 9 à 19), quelquefois bien davantage.

Le harnais est conçu pour se détacher à la fin de cette période, le jeune gypaète est durant cette phase d'émancipation très vulnérable. Les localisations permettent en cas de problème d'intervenir mais aussi de suivre et de comprendre les déplacements.

Depuis 2022, le Parc national participe au programme de bagage et d'équipement de juvéniles nés en nature. Les enjeux sont à la fois de réaliser un meilleur suivi de la population alpine réintroduite et de mieux identifier les causes de mortalités.

Suivez les déplacements du gypaète Alpi

Alpi est un oiseau né en nature et équipé d'une balise GPS en 2024 dans la vallée de la Tinée (Couple Bonette).

Suivez les déplacements du gypaète Geny

Geny est un oiseau né en nature en 2024, dans la vallée de l'Ubaye, du couple Chambeyron-Ubayette.

D'autres jeunes oiseaux équipés de balises, font quelquefois des passages sur le territoire du Parc lors de leurs grands déplacements erratiques. 

Pour en savoir plus

Zones de sensibilités majeures (ZSM) :

La nidification du Gypaète se déroule entre novembre et août, avec l'envol du jeune durant l'été s'il arrive au terme de sa croissance. Pendant cette période, tout dérangement peut provoquer l'abandon du nid et l'échec de la reproduction ; le moment le plus délicat se situe durant la ponte, la couvaison et la première période d'élevage.

Le survol d'aéronefs à basse altitude sur les sites de reproduction est une cause de perturbation avérée.

Pour gérer au mieux ce risque et conformément au protocole établi entre le ministère de la défense et la LPO, une Zone de Sensibilité Majeure (ZSM) est établie sur chaque site de reproduction connu. Les ZSM sont représentées en cliquant sur le lien ci-dessous :

 

Les Zones de Sensibilité Majeure (ZSM)

Les Zones de Sensibilité Majeure (ZSM)

Les activités récréatives terrestres à proximité des sites de reproduction sont à proscrire pendant toute la période. A consulter les cartes ci-après qui sont susceptibles d'évoluer :

Attention : Pour les ZSM comprises dans le coeur du Parc (Alpes-Maritimes - 06), l'altitude de survol doit être supérieure à 1 000 mètres du sol pour tous les types d’aéronefs.